17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Mon père avait encore sa mère, qui vivait avec eux, maman ne l’aimait pas et elle le lui rendait bien...sans compter que le monsieur avait eu une fille d’un premier mariage qui vivait aussi dans le deux pièces.

Maman âgée de vingt-deux ans avait donc, une belle fille et une belle mère à domicile, plus un vieux mari...pour ma part je trouve que c’était cher payé juste pour laver l’honneur de la famille, mais on ne rigolait pas dans ce temps-là !

Ce n’était donc pas que du bonheur, il y avait souvent de l’eau dans le gaz avec la grand-mère et la belle fille. Deux ans après la naissance de ma grande sœur, un petit garçon vînt essayer de souder l’union un peu chaotique. C’était bien trop pour maman, elle mit mon père en demeure, et il plaça sa fille chez les sœurs, ouf, une de moins...restait encore la grand-mère...

Maman me raconta qu’un soir, ils mangeaient la soupe, la chère grand-mère fît une réflexion désobligeante à maman, comme quoi la soupe n’était pas à son goût...

-Comment ça !

-Elle n’est pas bonne ma soupe ?

La grand-mère n’eût pas le temps de répondre car maman lui envoya son assiette dans la tronche! J’aurais bien aimé être là pour voir ça. Maman ne se laissait pas faire, elle avait du caractère, je pense que je tiens un peu d’elle...peut être même beaucoup...je n’aime pas qu’on me chatouille...

Du coup, vu qu’elle était à la retraite, la grand-mère migra vers la maison de retraite de l’hôpital. Si bien que pour nous, elle devînt, la grand-mère de l’hôpital, pour ne pas se tromper avec l’autre, la mère de maman, celle qu’on ne voyait jamais.

Quand nous allâmes vivre au « Clos des châtaigniers » nous étions à côté de l’hôpital, alors les jeudis, mes deux petites sœurs et moi, on allait la voir. Je n’aimais pas trop y aller, à cause de l’odeur, quand on entrait dans la pièce où elle vivait. C’était des grands dortoirs, avec plein de petites vieilles. La grand-mère, faisait des petits personnages et des animaux en feutrine ou en laine, j’aimais bien la regarder faire, des fois elle nous en donnait, elle n’était pas très causante, alors on ne restait pas longtemps, mais on avait fait notre devoir.

La grand-mère de l’hôpital avec une sœur, rien à voir avec elle, c’était la tante de mon père, elle devait être plus jeune car elle travaillait encore, à l’usine de tissage. Elle ne s’était jamais mariée, maman disait que c’était parce qu’elle était tombée amoureuse du curé...possible, elle était très pieuse, et quand j’allais chez elle, je l’accompagnais à la messe de son village...ha, ma tante Céline, qu’est-ce que je l’aimais, c’était un amour.

Nous avons eu très peu de cadeau de Noël chez mes parents, mais toujours un beau cadeau chez tante Céline, qui nous faisait un beau sapin, alors, dès, qu’on avait fini de déjeuner le jour de Noël, l’après-midi on partait tous chez la tante pour regarder ce que le père Noël nous avait apporté. En principe mon père était là, et nous partions à pied, il me prenait sur ses épaules, le village était un peu plus loin que la sortie de la ville, au moins trois kilomètres, et autant pour le retour, c’était des vrais moments de bonheur pour moi, mais bien trop rares.

 

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heure-bleue 03/04/2016 13:03

Tu sais que j'ai l'impression de lire une enfance du 19ème siècle.

Fabie 03/04/2016 11:30

Tu racontes bien.
Ta maman a su se défendre, un peu...
Bon dimanche

Christine D 02/04/2016 23:37

Si seulement les politiques et les journalistes avaient connu un petit peu de ce que fut ta jeunesse ou la mienne!
Le soleil brillait en notre cœur.

angedra 02/04/2016 23:15

L'époque n'était pas tendre et dire que certains regrettent ce temps là, se plaignant de la vie actuelle !
Je te suis dans tes souvenirs, attendant la suite comme... le livre que l'on commence et qui nous fait défiler des tranches de vie.
Beau dimanche. Bises

elvy 02/04/2016 20:40

BONSOIR JOELLE !! plus je te lis et plus je me dis qu'il faudrait que j'écrive mon histoire ,aussi pour laisser une trace à mes enfants , qui finalement ne connaissent de moi pratiquement que la période où ils ont vécu à la maison !!A part quelques questions par -ci par là ,de mon enfance et de ma jeunesse ils ne savent rien ou presque !! c'est vrai que la vie ne m'a pas épargnée moi non plus !! Je n'avais pas eu l'occasion d'accéder à ton " roman " !! bon dimanche .elvy

ZAZA 02/04/2016 20:27

Belle présentation ma Jo. Bises et bonne soirée.