17 décembre 19...ou la petite fille de l'hiver....

Publié le par Tarrah

Je suis loin d’être timide, par contre, je n’ai jamais été sûre de moi, toujours très complexée de mon manque de savoir.

Faut dire que, lorsqu’on te répète à longueur de temps que tu es bête, car tu as un petit front, ce ne sont pas des mots qui te permettent d’avancer dans la vie et de faire valoir les qualités que tu pourrais avoir.

C’est une blessure qui m’a été infligée dans mon enfance, mais qui m’a beaucoup blessée et qui, malgré le temps qui a passé ne s’est jamais refermée.

Sans doute pour cela que je ne me suis jamais battue pour avancer vers d’autres rives, que je me suis toujours sous-estimée. Pour moi, tout était perdu d’avance.

Je n’ai plus aucun lien avec la personne qui m’a fait du mal, mais je sais que sa vie n’a pas été heureuse, même si c’est une piètre consolation, c’en est une quand même.

Alors, quand le jour du certificat de fin d’études arriva, j’avais un peu la trouille d’être recalée, surtout que le calcul et moi, nous étions fâchés.

J’avais ma meilleure copine, celle qui était fan de Johnny, son nom commençait par JA, et le mien par JE, le classement était par lettre alphabétique, elle était super douée en math, j’avais une chance sur deux pour qu’elle soit devant moi ou dans l’autre rangée.

La chance du jour, elle était juste devant moi, alors quand on est arrivée au problème de robinet...elle a glissé discrètement son cahier sur la droite pour que j’arrive à lire...et oui, j’ai triché, mais juste pour le problème, pour le reste ça coulait tout seul. Rires...

J’ai même eu une super note quand j’ai chanté la Marseillaise...je l’ai eu haut la main...le certif, je n’étais pas peu fière, punaise, par contre aucune félicitation de personne ! Mais bon, le certif, ça ne valait pas le brevet ou le bac, à cette époque, mais j’avais réussi un examen assez difficile et avec ça je pourrais apprendre un métier.

Un métier, je savais depuis des années que je voulais être coiffeuse...mais même ça, on me l’a refusé. Je me souviens que maman avait juste demandé à sa coiffeuse, qui lui a dit qu’elle ne prenait pas d’apprentie...mais elle n’a pas cherché plus loin...

Depuis l’âge de 12 ans je faisais toutes les mises en plie des bonnes femmes de l’escalier...gratuitement bien évidemment elles étaient toutes fauchées. J’avais appris toute seule, et je me coupais aussi les cheveux moi-même, c’est dire si ça me plaisait...

Alors, maman, ne chercha pas plus loin et me fit engagée dans une usine de confection...l’HORREUR ! J’y suis allée le matin et jamais retournée...pourtant j’aimais bien la couture, mais ça? Rien à voir avec celle que je connaissais, celle de ma grand tante,je passais des heures à la regarder coudre...pff !

Bien sûr, je n’ai rien dit à maman, dans l’immédiat. Et puis j’ai bien été obligée d’avouer, alors, je lui dis que je préférais être vendeuse...là encore, erreur de casting...elle m’emmena dans une boutique de layette de la rue principale, pour que j’apprenne la vente, l’autre apprentie devait partir en septembre et je devrais la remplacer...beurk ! J’ai dû faire une semaine, pas plus, je détestais l’ambiance (garde à vous) ranger les fringues, ne pas parler, pire qu’à l’école...pas de ça pour moi, hors de question !

Ma meilleure copine, elle, avait trouvé une place dans une usine de bonbons, pas en apprentissage, et elle avait une vraie paye !

J’avais appris, qu’un grand magasin allait ouvrir dans la « grand rue »...il remplacerait un magasin de vêtements assez chers de la ville. Je me payais le culot, moi toute seule, d’aller demander s’il pourrait m’embaucher...on me dit qu’il fallait prendre rendez-vous avec le nouveau directeur, mais que je devrais venir avec ma mère ou mon père...

J’y trainais ma mère, nous fûmes reçues par un monsieur chauve, légèrement bedonnant, pas très grand, avec des lunettes, assez jeune, qui avait l’air d’être, ni gentil, ni méchant. Je dû lui faire bonne impression, car il me prit tout de suite en contrat d’apprentissage... !

Au moins, je verrais du monde, plus que dans la boutique de layette, hi hi !

Je devais commencer en septembre 1965, le nouveau magasin n’étant pas ouvert, j’aiderais à la préparation de l’ouverture, la mise en rayon etc...le gentil, ni méchant directeur m’avait demandé qu’est-ce que j’aimerais vendre?...Ma réponse fût directe, la parfumerie !

Je me suis plus tout de suite dans cet environnement, de grands préparatifs, de fébrilité, de travaux de finissions. Les gens qui travaillaient étaient tous gentils. Il y avait Mr Al, qui ressemblait à Antony Quinn...il était manutentionnaire, puis il y avait Mademoiselle Taffono...la chef de la réserve du sous-sol. C’était un amour, elle m’a bien appris mon travail, elle vivait avec sa maman qui était cardiaque.

Peu de temps après mon arrivée, le directeur me présenta ma responsable de rayon, la vendeuse titulaire de la parfumerie. Elle arrivait de Paris...Paris, qui me faisait rêver...

A suivre...

 

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Un ange qui passe 24/06/2016 15:06

J'ai vécu pas mal de choses similaires, pas de félicitations pour les bonnes notes à l'école, pas de possibilité de faire les études de mon choix...Bref, j'étais comme vous, malgré un caractère bien trempé, j'avais peu d'estime de moi...Je glisse l'adresse de votre blog dans mes favoris :)

Fabie 15/06/2016 15:22

Tu savais ce que tu voulais, et ce que tu ne voulais pas...
Cela s'appelle avoir du caractère :)
Je me souviens des "grandes" dans ma classe qui préparaient le certificat d'études...
Moi, je ne connais pas la suite, alors tu peux continuer.
Bises drômoises

julie 14/06/2016 14:49

Comment tu vas faire pour la suite ? Car, je crois que nous arrivons à la partie que nous avons connue sur un de tes autres blogs. Nous rafraîchir la mémoire ? Prête à écrire ton livre ? Tu en as fait une bonne partie. Te reste plus qu'à le mettre en page, à le corriger, à trouver un éditeur. Je sais, pas le plus facile.
Bises.

julie 14/06/2016 14:46

Finalement, on a pas mal de choses en commun. Si on s'était connues, on aurait fait les 400 coups ensemble. Comme toi, j'étais réfractaire à l'école. Moi-aussi, nulle archie nulle en math. Il n'y avait que le français qui maille, pardon, qui m'aille. J'ai détesté, tout comme toi, l'ambiance des usines. Comme toi, j'ai pris mes cliques et mes claques. Si je racontais mes souvenirs, je penserai à l'usine de fleurs artificielles, où je suis restée une semaine, ne faisant pas le quota demandé. Il fallait être opérationnel tout de suite. De toute façon, je n'y serais pas restée. Je me souviens du patron déambulant devant les ouvriers. Un sous-chef m'avait dit "on ne lève pas les yeux". J'avais détesté ça. Ont bien raison les salariés de faire grève.....mais, pas en ce moment. Comme toi, j'ai détesté ces rapports "patron-employé" où l'ouvrier n'est qu'une merde. Pour ça, que j'ai dû me venger sur mon mari. Hi, hi. Au fait, comment se comportait notre pote Elvy avec ses salariés, elle qui a été patronne d'une usine de confection ? Elvy, si tu passes par là, tu peux nous raconter ? Heu, j'espère ne pas faire d'impair.

elvy 14/06/2016 17:19

Alors juju , je vais réponder à ta question !! après 16 ans de recul , je pense que je n'ai pas été une patronner tortionnaire !! j'ai souvent joué le rôle de la maman , de la psychologue ,mais comme il fallait bien travailler je savais raison garder et agissais en diplomate !! je n'oubliais pas non plus que j'étais sous traitante et que je devais aussi rendre des comptes ! j'ai été patronne de 1972 à 2000 , il faut croire que je n'étais pas si mauvaise que çà ( bien que j'en ai entendu de toutes les couleurs lorsque l'entreprise a pris fin ,surtout par des employées dont les maris étaient venus pleurer pour qu'on embauche leurs femmes )! L'une d'elle m' a même dit qu'elle avait perdu 20 ans de sa vie chez moi , elle a seulement oublié que pendant ce temps là le salaire que je lui versais lui servait à faire construire sa maison et élever ses gamins .EH oui des peaux des vaches il en existe des deux côtés de la barrière et surtout des langues trop longues et affûtées pour nuire ,et parfois des dents aussi ,puisque je n'oublie pas le jour ou une employée m'a mordue lorsque je tentai d'arbitrer un conflit entre les deux parties dans les vestiaires !! Et pour finir je te dirai que j'ai aimé mon rôle un certain temps ,mais j'ai de loin préféré celui d'employée ,.Ma position de patron ne m'a jamais monté à la tête ce qui m'a facilité mon retour à la vie d'employée du social pour terminer ma carrière !

heure-bleue 14/06/2016 09:57

On dirait les GL des Caen, je sais pourtant que tu as travaillé aussi pour le groupe Printemps.

elvy 13/06/2016 21:53

BONSOIR JOELLE !!! çà a bien changé ,le bac d'aujourd'hui n'équivaut pas le certificat d'études d'hier !! quelle vie pour toi aussi , mais tu as bien fait d'être un peu audacieuse ;. Les GLF t'attendent un peu plus loin
bisous .elvy

angedra 13/06/2016 21:08

Tu as bien fait de persévérer et de refuser ce que l'on t'imposait et qui ne te convenait pas.
Te voilà dans le grand bain de la vie professionnelle.
Bisous

ZAZA 13/06/2016 17:56

Ah, on arrive à la période nouvelle galerie ! Tu as tout de même eu de la chance d'y faire ton apprentissage Bises et bon début de semaine sous la crachouille bretonne. ZAZA