17 décembre 19...ou la petite fille de l'hiver....

Publié le par Tarrah

Maintenant, quand je me tourne vers mes souvenirs d’enfance, je me dis que nous étions drôlement heureuses, même pauvres. Il y avait encore toute cette solidarité d’après-guerre, qui a disparu de nos jours.

Maman, allait bientôt réaliser un autre de ses rêves, s’acheter une voiture. Ma grande sœur avait réussi ses études, elle était devenue maitresse d’école, maman en était très fière, et moi, j’allais bientôt passer mon certif.

Je grandissais, mais j’étais très occupée avec les chanteurs yéyé qui envahissaient les postes de radio, et seulement quand j’avais le temps, je m’occupais des leçons et devoirs, mais c’était au second plan. C’est dingue, comme cette période a changé nos vies de gamines.

J’avais dix ans en mille neuf cent soixante, il y avait une émission sur Europe N°1 qui marchait à fond, c’était « Salut les copains »...l’école finissait à 16h30, et là pas question de trainer, je trainais mes petites sœurs, pour arriver à 17h pile à la maison, j’allumais le gros poste TSF qui avait un super son, et là, j’écoutais le « hit-parade » !

C’était un moment hyper important, il y avait le classement, Chansons françaises, chansons anglaises.

Pour moi, cette période faste à vraiment commencé en 1962...cette année-là, les premiers du classement étaient Johnny, avec «  l’idole des jeunes » ensuite, Sylvie, avec « tous mes copains » richard Antony «  j’entends siffler le train » Claude François « belles belles belles » Leny Escudéro « Ballade à Sylvie », (je croyais qu’il l’avait écrite pour Sylvie Vartan...rires...) !

Très belle année 1962, « les pieds noirs rentraient en France » C’était la fin de la guerre d’Algérie, dans ma petite province, les filles étaient contentes car les fiancés rentraient à la maison, ils allaient pouvoir construire leur vie, il y avait du travail à gogo, tu quittais un patron le vendredi, le lundi tu en avais trouvé un autre ! Cela fait science-fiction en deux mille seize, c’est sûr !

Pendant les récrées, avec les copines, on apprenait les chansons par cœur et on chantait ! Quand j’allais chez tante Céline et qu’elle me donnait quelques pièces, ce n’était plus pour acheter des bonbons, mais des 45 tours. Ce qui était marrant dans l’histoire, c’est que nous n’avions pas de tourne-disques alors j’allais les écouter, chez ma meilleure copine qui habitait l’étage au-dessus, celle que sa mère faisait trop bien les tartes aux fraises !

Vu que sa grande sœur travaillait à l’usine « Philips » elle avait tout le confort chez elle, Frigidaire, machine à laver, mais le plus important pour moi, c’était sa télé noir et blanc, et un tourne-disque.

Ma copine c’était Johnny qu’elle adorait...la fenêtre de sa chambre grande ouverte, la musique à fond, on les écoutait en boucle ! Tout le quartier pouvait en profiter, mais bon, la puissance n’était pas excessive, rires...c’était en « mono » pas en stéréo...pas d’enceintes...et oui, les jeunes si vous passez par-là...mais ça nous suffisait amplement, vu que moi, je n’avais rien, c’était déjà bien !

J’achetais aussi le journal « Salut les copains » les grands posters de nos chanteurs sur les murs de la chambre, au début, maman râlait, mais elle a vite rendu les armes.

Avec ma copine, on faisait des albums dans des chemises en carton, on découpait, on collait, tous les potins qui concernaient nos idoles !

Le mercredi soir, comme on n’avait pas d’école le jeudi, j’allais chez ma copine regarder « Age tendre et tête de bois » avec Albert Raisner...en noir et blanc, c’était un régal, on était insouciantes, heureuses avec pas grand-chose, on ne faisait pas de cauchemars, nous avions la tête dans les étoiles. Qu’elle époque géniale !

Je reconnais que nous, les enfants des sixties, nous avons eu une très belle jeunesse, mais, bon, c’était les trente glorieuses...les enfants d’aujourd’hui ne connaitront jamais des temps aussi heureux, et ça me rend triste.

 

Tous mes copains...

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Poulette 11/06/2016 17:40

Tu me fais sursauter !
Oui, je me suis dit mais n'ai-je donc point lu ce billet ?
Tu joues avec les dates, j'ai eu la même réflexion que Fabie...1960 ?
1962 ?
Moi j'avais 10 ans en 1956
Ce qui veut dire que tu es bien jeunette :)
Re-bises

Fabie 11/06/2016 10:51

Ah tu as rectifié quelque chose dans ton article ;) , je me disais aussi...
Mes 10 ans, c'était en 1968. Mon souvenir de cette année là, c'est un mois de mai sans école...
Je suis allée voir Lenny Escudero en concert, lorsque j'étais au lycée, je n'arrivais plus à sortir de la salle.
Age tendre et tête de bois, j'ai regardé aussi, c'était bien.
Ma grand mère paternelle était outrée lorsqu'elle voyait Jonnhy chanter.
Mon père a évité l'Algérie car il était père de 2 enfants, mais son caractère bien trempé n'ayant pas plu, il est parti à Madagascar.
Comme toujours tes souvenirs, si bien racontés, nous ramènent aux nôtres.
Bises drômoises

heure-bleue 11/06/2016 09:59

C'est drôle, on a écrit toutes les deux sur la même époque. J'écoutais aussi SLC.

Christine D 10/06/2016 22:06

Quels bons souvenirs tu viens réveiller dans ma mémoire! J'ai vécu sensiblement la même chose que toi. J'adorais les 2 figurines : le chouchou et la yéyé... On dansait le twist dans la cour de récréation en chantant Johny'. Mon idole était Eddy, mes voisins au dessus de chez nous passaient sans cesse tous ses disques... ALors... Il y a toujours un coin qui me rappelle!...
Merci pour cet article et bises

angedra 10/06/2016 22:00

Je comprends très bien que tes souvenirs d'enfance te laissent de beaux souvenirs et tu continues à toujours nous entrainer derrière toi.
Comme toujours ce qui était bon pour les uns ne l'était pas pour d'autres ! C'est ainsi que pour moi et les miens ainsi qu'un million de personnes (et même plus avec une partie des algériens) 1962 signifie tout quitter ce qui a été notre vie, laisser nos appartements tels quels sans rien emporter, même plus de valises pour quelques vêtements, la peur de se faire tuer par les deux camps , arriver dans un pays inconnu sans famille, ni amis et se faisant rejeter …
On se rend bien compte que la France n'avait absolument pas pris en compte ces français qui vivaient une guerre et qui n'avait d'autre choix que "la valise ou le cercueil" (et encore nous n'avions même plus de valises !!)
Il est normal que pour toi ces années représentaient l'insouciance.
A chacune ses souvenirs et son parcours.
J'attends donc la suite et ta maman avait l'air d'être une battante.
Bisous

Tarrah 10/06/2016 22:11

C'est sur que c'est affreux de devoir tout quitter, j'en connais qui ne s'en sont jamais remis! Vous viviez la guerre, mais pas nous, il y avait seulement les gars qui partaient faire leur service militaire là bas, on l'a vécu par procuration. J'aime beaucoup les rapatriés, j'en ai eu plein en copines et copains...j'adore l'accent! il y a un film que j'aime beaucoup avec Roger Hannin et Marte Villalonga, et Bruel, ça représente bien l'exode.

MICHELE CHENAUD 10/06/2016 18:08

BANCO LES 3 SONT ICI ....

MICHELE CHENAUD 10/06/2016 18:07

Purée,
je préfère cette note au foot de mes "2" !
Moi aussi j'ai écouté ces chanteurs !
Tu es une bonne personne; bisous

Julie 10/06/2016 15:24

Dis donc, ça rame pour mettre un com.
Finalement, tu as eu une enfance heureuse. Tu étais finalement une heureuse nature. Ta mère était quelqu'un de bien.
Finalement, on ne demandait pas la lune, on se contentait de peu. Nous-aussi, nous allions chez les voisins regarder la télé. Sinon, écouter des chansons ? Fallait même pas y penser avec ma mère.
Je n'ai pas aimé, mais pas aimé du tout mon enfance, ni mon adolescence. Je ne voudrais surtout pas la revivre Tout ça à cause de notre mère. Elle avait peut-être des excuses (que je lui accorde volontiers pour ce qui est de n'avoir pas d'argent...hélas, y'avait le reste !!!!).
Mes petits enfants m'ont l'air d'être heureux. D'où dépend des parents et tout dépend du lieu où tu vis.
Tu n'as pas de photo de la voiture de ta mère ?
Bises et bon week-end. Je crois que c'est au tour de la Bretagne d'avoir des seaux d'eau sur la tête.

ZAZA 10/06/2016 13:41

Comme tu as raison ma Jo, je reviendrais aisément dans les années 1962 qui en plus des sixties nous permettait de quitter la région parisienne pour la Bretagne, les meilleures années de ma vie, 1961 - 1967.
Bises et bon vendredi après-midi. ZAZA