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la petite fille de l'hiver

17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Chaque mois, maman rayait sur son cahier vert, les dettes qu’elle remboursait, ça commençait à diminuer, sérieusement...nous n’avions plus eu de nouvelle de mon père depuis très longtemps, quand un jour, ma grande sœur reçoit un courrier, curieux...elle n’était pas encore majeure et finissait ses études pour être « maîtresse d’école » son rêve de petite fille allait bientôt se concrétiser...

Ce courrier, en fait, c’était une facture qui venait d’un hôpital où Mr mon père avait séjourné, et était sans doute parti sans laissé d’adresse...ça a mis maman dans une de ces colères...car vu que le monsieur ne s’était jamais présenté aux convocations du juge pour le divorce, ça traîner en longueur...ma sœur n’a pas payé puisqu’elle n’avait pas de revenu, et maman non plus puisqu’elle était séparée. Franchement, il y a des lois qui devraient être revues !

Quelques années plus tard, nous apprîmes que notre père, était devenu clochard, pendant très longtemps, qu’il avait été recueilli par Emmaüs...jusqu’au jour où il rencontra une vraie comtesse faisant du bénévolat mais  qui n’avait plus que son nom et sa mince retraite comme richesse, elle le sorti de la rue.

Le jour du paiement des allocs, était jour de fête dans la maison...surtout dans le deux pièces. J’étais petite mais je m’en souviens. Maman, se levait en chantant, elle faisait le ménage à fond, et ensuite commençait l’attente...

Le passage de « l’agent payeur » dans toutes les familles, était la meilleure journée du mois.

Souvent, maman envoyait mon frère en éclaireur, afin de savoir s’il était passé chez une telle ou une telles...souvent on allait en premier chez ses copines de galères...il faut savoir qu’il faisait sa tournée à pied, avec sa sacoche en cuir marron, pleine de billets...vous imaginez maintenant, le pauvre ne pourrait même pas sortir dans la rue...

Il était très gentil l’agent payeur, maman lui offrait un café, et j’adorais le voir compter les billets sur la grande table de la cuisine. Quand il partait, maman faisait des petits tas, pour payer les crédits de chez l’épicier, le boulanger et autres...ça diminuait rapidement, surtout qu’avec Mr mon  père on ne savait jamais s’il mettrait au bout...en envoyant des mandats...ce qui était rare.

Quand nous vivions au Clos des châtaigniers, l’agent payeur continuait à venir...mais en voiture, ça avait évolué et nous n’étions plus en centre-ville.

Maman était encore très jolie, si bien qu’ils eurent une histoire d’amour...maman étant seule, donc, pas de compte à rendre, mais lui, ne l’était pas...ils se donnaient des rendez-vous...

Comme j’étais souvent de corvée de lait, du clos des châtaigniers il me fallait descendre la ville pour arriver au café de la mère B qui distribuait le lait, mais qui était situé là où nous habitions avant...

Maman me disait, demande s’il y a une commission pour moi, en fait, c’était une enveloppe que la mère B mettait dans le couvercle du bidon de lait.

Au début j’étais trop gamine pour piger le truc, mais en grandissant, je compris vite le petit système, c’était le seul moyen qu’ils avaient pour communiquer...rires...

Des fois j’allais même accompagner maman à ses rendez-vous avec le vélo bleu, pour repartir avec, car elle était raccompagnée en voiture...et les rendez-vous était souvent en campagne...discrétion oblige.

Leur histoire dura des années...jusqu’au jour où, une bonne femme vînt frapper à notre porte...elle déballa son baratin à maman, qui se laissa embobiner...la coupable était « témoins de Jehova »...là, notre vie changea du jour au lendemain, mais je vous en reparlerais plus tard...

Puisque les finances allaient légèrement mieux, maman décida de passer son permis de conduire, vous vous souvenez qu’un de ses rêves était d’avoir une voiture...elle s’inscrit donc à l’auto-école...je ne sais pas combien lui coûta son permis, mais à mon avis, assez cher, car elle le passa cinq fois ! Elle connaissait bien son code, et savait la conduite, sauf qu’elle tombait souvent sur un inspecteur sévère, et là, ça le faisait pas, ça finissait toujours en engueulade avec le type ! Maman détestait l’injustice et quand elle savait qu’elle n’avait pas fait de fautes...mais que c’était parce que le mec était de mauvais poils, elle partait en vrille...elle finit par tomber sur un sympa, et un jour elle rentra avec le petit papier rose...

 

les lecteurs qui viennent de FB ou Tweeter peuvent partager, ce serait sympa...bisous.

 

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17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Passé le pont du chemin de fer, je vis au loin maman sur son vélo, qui venait à notre rencontre et, qui était surtout très inquiète...

Une maman inquiète ne peut qu’exploser de colère...surtout en voyant nos bouches et nos poches pleines de bonbons...elle prit ma petite sœur sur le porte bagage, et je vous prie de croire qu’on suivait le vélo en courant de toutes nos petites jambes...pas un mot...elle ne dit pas un mot avant que nous soyons entrées dans la maison.

Avec quoi avez-vous acheté tout ça ???????????

Heu...c’est elle qui avait des sous, elle me les a fait voir en sortant de l’école...alors nous sommes allées acheter des bonbons...

Ma petite sœur avoua qu’elle avait pris les pièces qui étaient sur la table de la salle à manger avant de partir le matin...en fait elle les avait volé...que ce passe-t-il dans la tête d’une gamine de quatre ans ? je me suis toujours posée la question, mais bien sûr, la responsable de toute cette situation c’était bien moi, la plus grande.

Après une bonne volée, j’appris que cet argent était destiné à ma grande sœur, pour qu’elle achète ses livres d’occasion pour l’école, puisqu’elle était au collège...maman qui avait eu bien du mal à réunir la somme, vous n’imaginez même pas ! Même ma sœur, qui avait souvent son mot à dire sur notre éducation ne s’était pas gênée pour en remettre une couche...

La punition fût très dure pour moi, maman nous accompagna à l’école, puisque nous étions plus qu’en retard, elle expliqua à ma maîtresse le larcin et lui demanda de me punir...alors, la mort dans l’âme, pendant une semaine je me suis promenée tout autour de la cour à chaque récréation avec dans le dos, une pancarte où il était écrit  «  je dépense l’argent volé ». Au début, toutes les filles me regardaient, et puis elles finirent par s’habituer...ensuite, elles faisaient les tours avec moi en bavardant...

Ce n’est pas étonnant que mes petites sœurs et moi ayons eu des gros problèmes dentaires, en grandissant, avec tous les bonbons que nous mangions, étant donné qu’à chaque visite chez tante Céline, on repartait avec quelques petites pièces...le pire, c’est que la brosse à dent, on ne connaissait pas, seulement quand on partait en « colo ».

L’été, maman, à partir du jour où elle travailla à l’usine, nous envoya en colonie...sur une jolie plage de basse Normandie...moi, j’adorais, mes petites sœurs un peu moins au début, elles étaient petites, j’ai toujours aimé être indépendante, partir de la maison pendant un mois (à l’époque c’était un mois) avec des enfants de mon âge, qui plus est, avec des garçons...c’était trop bien. Surtout à la fin de la colo, où les « mono » nous faisaient faire un spectacle, une fois, j’ai même eu le premier rôle, maman venait nous voir une fois pendant le séjour, c’était bien. Nous faisions des grandes promenades le long de la côte d’Emeraude, le dimanche il nous fallait aller à la messe, maman avait coché la case à l’inscription...les après-midi, c’était plage, dans les dunes, on s’amusait comme des fous, non, on ne courait pas après la baignade...on préférait ramasser des coquillage nacrés, pour faire des poupées avec, je ne me souviens pas qu’il y ai eu des grosses chaleurs...rires...pas chaude la Manche...pour goûter, on nous distribuait des tartines de confiture...sur des grandes tranches de pain de quatre livres...le seul problème, s’était le sable...qui collait à la confiture...après on rentrait en prenant un raccourci, c’était des marches et des marches qui n’en finissaient plus...je peux vous certifier, que le soir, pas besoin de nous bercer...le directeur, nous passait des films en super huit, de Charlot, ou de Laurel et Hardy...ce n’était que du bonheur, pour les gamines du Clos des châtaigniers...

En juillet c’était la colo et en août c’était le centre aéré avec le curé et les religieuses. Nous partions en car le matin, et on passait la journée dans une abbaye en plein bois...

Dans le car, on chantait à plein poumons...mais nous étions insouciantes, et on aimait notre vie, même pauvre.

Là, c’était gratuit, on devait juste emporter notre pique-nique. Toutes les personnes qui prenaient soin de nous étaient des bénévoles. On faisait des jeux de pistes, on adorait, on recevait aussi des amies Allemandes, notre curé, voulait réunir les deux jeunesses, Française et Allemande, c’était quand même un peu plus d’une dizaine d’années après la guerre...une fois, quand j’étais plus grande, je suis même partie en Allemagne, j’en garde un merveilleux souvenir. Il y a deux ans, d’ailleurs, j’ai assisté au soixante ans de sacerdoce de notre curé...j’ai revue des amies Allemandes, c’était une très belle journée du mois de mai...

 

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17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

J’aimais bien l’école mais avec modération. Notre école n’avait rien à voir avec celle de maintenant. C’était une véritable école, il n’y avait même pas un chuchotement dans les classes. Nous écrivions avec le porte-plumes, et, il y avait un encrier encastré dans la table. L’encre était violette. Nous avions un buvard pour sécher les écrits sur les cahiers, tu n’avais pas intérêt à faire des tâches dessus, sinon c’était des points en moins. Tu faisais des catastrophes si tu essayais de gommer une tâche, ça finissait toujours pas un trou dans la feuille, alors après, tu te disais, finalement il vaut mieux laisser la flaque d’encre... !

L’ennuie, aussi avec l’encre, c’est que tu en avais souvent autant sur les doigts, on avait une institutrice, hyper sévère...elle avait sa règleen main, tous les matins en arrivant en classe, après qu’elle nous ait autorisé à nous assoir...nous devions étaler nos mains sur les bureaux, elle passait dans les rangs, et là...les mains sales ou avec des tâches d’encre, se prenaient des coups de règles, et filaient au lavabo à essayer de les enlever avec la pierre ponce...cela ne m’est pas souvent arrivé, car une fois que tu avais eu droit à la règle, tu frottais bien tes mains avec de la javel avant d’aller à l’école...rires...elle faisait le CE 1, par contre, je peux vous dire, que même faisant partie d’une famille pauvre et monoparentale nous savions toutes lire et écrire en sortant de sa classe à la fin de l’année...

Comme quoi, la sévérité et la discipline ont du bon ! Tous les matins, nous avions une leçon de morale, deux lignes écrites au tableau, qu’on recopiait sur notre cahier du jour avec application.

Je me souviens de quelques-unes...

« Chaque chose a sa place, chaque place a une chose. »

« Le temps perdu ne se rattrape jamais »

« Je dois me laver les dents chaque matin ».

« Je dois me lever quand la directrice entre dans la classe et la saluer »...et d’autres encore, qui ont fait mon éducation.

Le samedi matin, c’était « instruction civique » nous apprenions les vertus de la République, et le respect de la patrie, en apprenant aussi la « Marseillaise »...ce qui m’a ajouté des points pour le certificat d’études, vous le savez, j’aimais bien chanter.

Mes points forts, étaient tout ce qui concernait le Français. J’étais première en récitation, en lecture, et pas du tout mauvaise en dictée, par contre, tout ce qui était chiffres...j’étais au s’cours...je déteste les chiffres, je suis amoureuse des mots, et je ne comprends pas les personnes qui laissent la littérature et l’écriture de côté. la seule leçon que j'ai apprise par coeur en calcul, se sont mes tables de multiplications

Par contre, j’étais surclassée en étourderie...c’est souvent comme ça que j’avais des mauvaises notes, j’étais aussi une super bavarde...alors les punitions pleuvaient, j’avais un cahier de brouillon, uniquement pour ça.

Une fois, il y a une maîtresse qui m’a fait copier cinq cent fois : Toujours prend toujours un S. ce qui fait que je l’ai écrit mille fois...en plusieurs jours...sans doute pour ça que je me suis faite opérer du canal carpien...hi hi...hi...idem pour les «  je ne dois pas parler en classe » à tous les temps...

Un jour... tout en début d’année, mes deux petites sœurs allaient encore à la maternelle, et c’est moi qui les accompagnais, matin midi et soir, nous ne mangions pas à la cantine, ce n’était pas des prix pour maman.

je récupère donc les deux gamines le midi, (c’est comme ça que maman nous appelait...) et, en sortant de l’école, ma petite sœur, celle qui est juste derrière moi en âge, ouvre sa main et me fait voir plein de pièces, je me souviens il y avait même une pièce de cinq francs (anciens)...je ne me posais même pas la question pour savoir d’où provenait cette fortune...je n’avais que sept ans...nous filâmes directement à l’épicerie d’Albertine qui se trouvait juste à côté...nous y sommes bien restées une bonne demie heure, le temps de remplir nos poches de bonbons, et il restait encore des sous...nous allâmes donc, juste en face, chez celui qui nous livrait le charbon, sa femme tenait une épicerie...les poches pleines à craquer nous remontâmes la ville pour rentrer à la maison, je trouvais un peu bizarre de croiser des enfants qui allaient dans l’autre sens pour repartir à l’école....

   je n'aimais que ces plumes là pour écrire, pas les plumes sergent major, elles étaient moins souples...

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Pour nous, aller dans les champs, c’était au minimum en traverser deux ou trois car souvent on rencontrait des petits ruisseaux. Nous n’étions pas trop nombreux, mais je traînais toujours avec moi, mes deux petites sœurs, dont la dernière, qui avait toujours du mal à nous suivre, vu ses petites jambes...elle chougnait souvent en disant attendez moi ! Je vais le dire à maman !

Bien sûr il y avait des barrières, ou au pire on passait sous les barbelés, comme ce jour-là, où il y en a un qui a hurlé, v’là le chien du fermier !! Sauve qui peut, j’aimais pas du tout les chiens, qui me faisaient peur, car ma petite sœur, celle juste derrière moi en âge, s’était fait mordre.

Nous passâmes tous avec du mal les barbelés, sauf la dernière, ma petite sœur qui s’arracha la tête au fil de fer...oh ! Doux Jésus, elle hurlait, le sang lui coulait sur le visage, un plus grand l’a pris dans ses bras pour rentrer jusqu’à la maison, monter les trois étages...ma mère qui avait entendu les cris, venait à notre rencontre...la panique totale !

Quelqu’un alla prévenir le docteur, qui, dans ce temps-là n’hésitait pas à venir illico presto, avec sa trousse d’urgence. Elle avait une sacrée entaille, il dût la recoudre, sans même une petite anesthésie, les cheveux un peu rasés, et un gros pansement, quand j’y repense, elle a dû déguster ! Bien sûr je me suis pris une belle engueulade, étant la plus grande, et le lendemain, pour le mariage, maman lui fit un joli nœud sur la tête, en passant sous le menton, on aurait dit un bel œuf de Pâques... ! J’aimerais bien revoir les photos de la noce, que je n’ai pas malheureusement.

Juste en face de chez nous, au troisième étage, au début, était arrivé presqu’en même temps que nous, une famille adorable, qui venait du Sud de la France, lui était policier, j’adorais leur accent qui sentait bon le soleil.  Ils avaient même vécu en Algérie française. Dommage ils ne restèrent qu’une année à peu près. Faut dire que le temps chez nous était plutôt humide...lol.

Quelques temps après, une autre famille arriva à leur place, je ne sais pas pourquoi, mais d’emblée, ils furent mis à l’écart des autres locataires, surtout par nous. Ils avaient une fille de mon âge que je retrouvais à l’école, mais elle ne fut jamais une copine et des garçons. La mère faisait des ménages, je crois et le père travaillait à l’usine. Ils arrivaient tout droit de la campagne, et faisait aussi très campagne...

Comment les enfants peuvent être méchants et cruels, bien sûr, on ne faisait pas exception, on était, si on l’avait décidé des « sales gamines » Quand maman n’était pas là et ma grande sœur non plus...on allait taper à leur porte, et vite on rentrait derrière la nôtre...en pouffant de rire, comme des bécasses ! Alors la mère sortait sur le palier avec son balai pour nous en donner un coup, sauf qu’elle n’y arrivait jamais...ensuite quand nous l’a croisions dans l’escalier, on lui disait « bonjour madame » en bonnes petites saintes-nitouches pas charitables pour un sous ! Surtout moi, puisque j’étais la plus grande des trois, j’entrainais les autres...

J’avais le diable au corps ! disait maman ! J’ai toujours eu un côté très rebelle, mais ne sais de qui je le tiens.

Au quatrième étage, une grande famille nombreuse, là aussi ça ne sentait pas les meubles cirés, mais plus un peu l’urine...les petits comme les grands faisaient le « pipi » au lit...alors pour ne pas avoir à changer les draps tous les jours, ce que je comprends très bien, la mère mettait ça à sécher à la fenêtre...sauf que...en dessous c’était nous, et alors, on était obligé de laisser les fenêtre fermées, car entre ceux du dessous et ceux du dessus, si vous suivez bien, c’était pas génial.

Ceci dit, on s’entendait tous très bien quand même, et, ça ne nous empêchait pas d’aller quérir si besoin était, un peu de sucre, de café ou d’huile...

Et pour finir l’escalier, en face de chez eux,  au numéro dix, il y avait ma meilleure copine, Vivi, celle avec qui, beaucoup plus tard, je partirais travailler à Paris. Chez elle, ce n’était pas du tout la même chose, ça sentait bon la cire et la tarte aux fraises ! Son père était garde-champêtre et sa mère cuisinière chez notre docteur...donc déjà, un rang au-dessus de nous dans la hiérarchie de la pauvreté. Hé oui...les gens, il y a une hiérarchie dans la pauvreté, mais ça, il faut l’avoir vécu pour le savoir.

Je me disais très souvent que j’aurais aimé avoir une mère comme celle de Vivi. Ils eurent la seconde télévision de l’escalier. Oui, les premiers étant la famille avec deux enfants. Alors, souvent, le jeudi après-midi, j’allais regarder des films. Celui qui m’a marqué et que j’avais beaucoup aimé, c’était « le jour où la terre s’arrêta »...sinon on allait aussi voir « Interville » les premiers, avec Guy Lux et Zitrone.

Bref, il y avait plus d’argent qui entrait dans le foyer, la sœur aînée rapportait un salaire, car elle bossait à l’usine, alors que la mienne, faisait des études. Oui, elle a eu bien de la chance, n’est-ce pas ? Ok, elle travaillait très bien, mais bossait beaucoup. Alors, comme elle avait un peu la grosse tête, elle parlait avec un certain mépris, des « filles d’usine » celles qui n’avaient que leur certificat d’études. D’ailleurs quand je repense à tout ça, c’est vrai qu’elle s’occupait de nous quand maman était au travail, faut dire qu’elle n’avait pas trop le choix...mais elle n’était pas très tendre, on l’appelait « la commandante »...Ça vous donne une idée...

Quand c’était l’hiver, et qu’elle veillait tard pour étudier, quand elle s’apercevait que le seau de charbon était vide, elle m’envoyait en chercher à la cave. J’avais une de ces trouilles, pas de lumière dans la cave, je descendais avec la lampe électrique, celle qui s’éteint toujours, vous vous souvenez ? Sans compter qu’il fallait que je remonte les trois étages avec le seau plein. Quand elles n’étaient pas couchées, j’emmenais avec moi une de mes petites sœurs. Quand à environ huit ans, c’est très lourd. Vous voyez pourquoi ce n’est pas bien la place du milieu dans une famille nombreuse ?

 

PS: Les personnes qui viennent me lire via FB auraient-elles la gentillesse de partager? merci d'avances.

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17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Je rentre de Chez ma fille par le train de Paris, et votre mari était dans le train, il est descendu derrière moi... !

Oh ! La chienlit, après des mois et des mois sans nouvelle, dont une recherche dans l’intérêt des familles, voilà que Mr mon père revenait au bercail, sans tambour ni trompette... ! Maman avait reçu ordre de son avocat de ne pas le faire rentrer dans l’appartement, sinon la demande de divorce serait caduque !

Maman avait fermé la porte à double tours, et nous avions ordre de rester silencieuses. Quand on entendit frapper, maman demanda, qui est là ? – C’est moi !

Maman :

-Tu n’as plus rien à faire ici, tu nous as laissé dans la merde, avec des dettes, je me suis retrouvée toute seule, j’ai  demandé le divorce et tu n’as pas le droit d’entrer chez moi...tout ça à travers la porte bien sûr...avec tout l’escalier à l’écoute.

Lui :

Mais je ne vais plus recommencer....Bla Bla Bla. Arrête, ouvre-moi !

On était toutes les quatre groupées derrière la porte, pas très rassurées, quand ma petite sœur, la dernière, quatre ans à peu près, lui lança...va-t’en ! Nous on ne veut plus de toi aussi ! C’est plus ta maison, tu nous as abandonné !

En entendant cette petite voix pas contente, cela dû le toucher peut être un petit peu...car il redescendit les trois étages, la queue entre les jambes...nous le regardâmes s’éloigner avec sa valise, agglutinées derrière la fenêtre fermée de la cuisine, et maman poussa un ouf de soulagement.

Bien sûr, il ne reprit pas le train pour Paris, mais s'en alla chez Tante Céline, le seul endroit qui pouvait l’accueillir, c’était son neveu, difficile de lui fermer la porte, surtout qu’il n’était quand même plus très jeune...

Le lendemain, ma grande sœur fut chargée de lui porter une lettre de maman, où elle lui expliquait qu’après l’avoir fait rechercher, et pour pouvoir toucher les alloc, elle avait fait une demande de divorce, et que bientôt il serait convoqué pour la « conciliation » et, de ce fait ne devait plus remettre les pieds à la maison !

Jamais il ne se présenta à aucune convocation des juges...si bien que maman ne put jamais divorcer, elle fût seulement séparée de corps et de bien au bout de quelques années.

La vie repris son cours...

Quand maman travaillait comme femme de chambre à l’hôtel, elle s’était fait une copine, une gentille bretonne, célibataire...qui cherchait homme à marier.

Maman ayant deux frères, comme je vous l’ai dit au début, elle pensa à présenter son frère aîné, célibataire, « un bon parti pour une femme de chambre »travaillant comme mécano à Paris. Il fut convenue que la présentation se ferait chez nous...je m’en souviens comme si c’était aujourd’hui...il faisait un beau soleil dans la cuisine, je les revois, chacun à un bout de la table, boire un café avec maman au milieu, qui faisait la conversation, car c’était deux grands timides...rires...

La présentation fut concluante puisque quelque temps après, la jolie bretonne fit ses bagages et migra sur Paris avec mariage en vue.

Nous, on aimait bien les cérémonies, c’était le premier mariage auquel on assisterait. Mais bon, qui dit mariage, dit tenues mieux que les habits du dimanche. Heureusement, nous avions une autre grand-tante, mais du côté de maman, tante Matilde...elle était couturière, nous étions donc toujours bien habillée, c’est elle qui avait présenté mon père à ma mère, elle devait se sentir « obligée », quelque part, vu le fiasco du mariage de maman.

C’est donc elle, qui fît nos toilettes, petites jupes blanches, petits corsages blancs col Claudine, jolies petites veste en tweed, c’était un mariage de printemps,  socquettes blanches et ballerines noires vernies. Toutes les trois habillées pareilles.

Le vendredi après-midi, juste la veille de la noce, maman était dans les derniers préparatifs, nous, les gamines on devait être en vacances de Pâques et comme toujours quand il faisait beau, on jouait dehors avec les autres mômes de l’escalier.

Je ne sais plus qui, de la bande, eut l’idée d’aller traîner dans les champs alentours...on adorait se promener dans les champs, on était toujours au minimum une dizaine, il y avait même la chienne « Zezette » de ma meilleure copine, qui ne nous lâchait pas et venait partout avec nous.

Sauf que, allez savoir pourquoi...

écoutez cette si jolie chanson de circonstance...de Gorges Chelon...

 

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