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la petite fille de l'hiver

17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Riche...que c’était curieux...comme pensée, faut dire qu’elle partait de loin...

Elle fut donc embauchée dans une usine de tissage, pas loin du tout du Clos des châtaigniers, elle pouvait même y aller à pied en coupant au travers. Elle passait par « les étentes à linge » un mot inventé par nous, ne cherchez pas dans le Larousse.

Ha ! les étentes à linge, si elles pouvaient parler...surtout le gros chêne qui s’y trouvait...rires...

(De temps en temps je vais passer « du coq à l’âne » mais c’est au fur et à mesure que les souvenirs ressurgissent, une pensée en amenant une autre).

Nous avions une baignoire, elle servait juste le dimanche avant d’aller à la messe, on faisait la « grande toilette » et les trois gamines que nous étions mettaient les habits du dimanche, hé oui, les gens, on avait des habits rien que pour le dimanche et les jours de fêtes, c’était comme ça dans les années cinquante.

Les autres jours, la baignoire sabot, servait à faire tremper le linge, il y avait sur la baignoire une planche à laver, et quand il avait bien trempé, maman frottait et rinçait. Ensuite, avec la bassine et les épingles on allait avec elle étendre le linge, qui était à deux cent mètres de l’immeuble...on lui passait les épingles, on aimait bien. Juste à côté des étentes à linge, il y avait les petites maisons de l’abbé Pierre, construites à la va vite en 1954, on s’était fait des relations avec les habitants, surtout une famille en particulier qu’on aimait bien. Ils avaient la chance d’avoir un jardin alors des fois on en profitait.

En rentrant des étentes, maman y entrait souvent boire un « jus » en langue normande, et, un café en langue française. On les écoutait bavarder, toujours de la même chose, les emmerdes et le manque de fric...et oui, malgré l’usine, les dettes étaient longues à épurer.

Maman était contente de travailler à l’usine, bien sûr, elle et nous, avions changé de statut, mais ce n’était pas facile, ils faisaient « équipe », tu travailles une semaine sur deux, soit le matin, soit d’après-midi...le matin c’était à cinq heures qu’elle commençait, et pour l’après-midi c’était du treize heure vingt-deux heures, avec juste une pause de vingt minutes pour manger le « casse-croute » on ne disait pas encore sandwich... ! Ce n’était pas beaucoup, car dans une usine de tissage il fait très chaud, tu files les rames pour faire des tissus et il faut qu’il fasse sec.

Quand elle rentrait il fallait absolument qu’elle ait sa bouteille de Pschitt...orange, j’imagine comment elle devait trouver ça bon ! Car ce n’était pas des semaines de trente-cinq heures, mais plus proche des cinquante !

Elle était courageuse notre maman, car il fallait s’occuper de la maison en plus, quand elle était d’après-midi, c’était mieux, même si elle ne se levait pas très tôt, elle avait plus de temps pour faire des choses.  Les jeudis sans écoles, on allait souvent à la garderie de l’usine, c’était une ancienne employée qui nous gardait, la mère D......mais on s’ennuyait, dans ce temps-là, on ne s’occupait pas de distraire les enfants pour leur bien-être, rires...quand je vois comment c’est maintenant...

Nous, on préférait aller au « patro » patronage, car là-bas, on faisait plein de choses, du tricotin, du point de croix, des danses,  de la peinture, des habits en papiers pour les kermesses...moi j’aimais bien car on retrouvait les copines d’écoles. Et tout cela, gratuitement. Cela parait fou n’est-ce pas ?

On ne traînait pas dans la rue, nous avions une bonne éducation, car si l’école qui est gérée par le ministère de « l’éducation nationale » en deux mille seize, n’en a plus que le nom ! Nous étions bien élevées par maman, bien éduquée par l’école laïque, et en option par les religieux.

Mais un jour...la voisine de RDC, la vieille, qui nous servait de concierge, (c’est une image) monta l’escalier en vitesse, frappa à la porte...pour dire à maman...

- Madame x...je viens de...

 

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17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Au troisième étage, il y avait nous.

Maman avait deux rêves, c’est bien d’avoir des rêves, moi je n’en ai jamais eu, je déteste la déception. Oh, c’était des rêves bien modestes...ne riez pas...elle voulait se faire embaucher dans une usine et passer son permis de conduire, pour éventuellement  dans les années à venir, s’acheter une voiture !

Elle nous répétait sans cesse, vous allez voir quand je travaillerais à l’usine, on sera mieux, je devais avoir dans les huit ans...bien sûr, vu qu’elle n’avait même pas pu aller à l’école jusqu’au certificat, elle savait quand même très bien lire et écrire, mais elle n'avait aucun bagage. Alors elle espérait, elle y croyait, ça c’est le plus important !

En attendant, pour gagner un peu plus et payer ses dettes, elle faisait des extras dans la restauration, en tant que serveuse. Souvent le dimanche, et la semaine elle gardait son job de femme de chambre...

L’hôtel où elle bossait était le plus grand et le plus chic de la ville, un jour, Tino Rossi est venu y chanter, elle était très fière d’avoir pu lui recoudre un bouton de sa veste, il l’avait remercié de sa voix chaude et magnifique, elle avait dû être bouleversée... C’était la star de l’époque, mais les années soixante n’allaient pas tarder à pointer leur nez.

Le moyen de transport pour se déplacer chez nous, c’était un vieux vélo qu’on nous avait donné, il était bleu Gordini...hi hi.

Alors elle décida, en attendant de passer son permis, de s’acheter une mobylette. Le mécano qui entretenait le vélo, lui avait fait des facilités de paiements. Une super mobylette beige. Vous pensez comment ça lui a changé la vie ! Surtout que le Clos des châtaigniers était à la sortie de la ville, alors pour aller travailler, beaucoup moins de fatigue.

Maman était encore très jeune, elle avait dans les trente- cinq ans, elle ne roulait pas toujours doucement...j’adorais quand elle me mettait sur le porte-bagages.

Du coup, pour nous il  restait le vieux vélo bleu.

C’est mon frère qui m’a appris à faire du vélo. Quand on vivait dans le deux-pièces...il avait un vélo de garçon, avec la barre, grr...je ne sais même pas si c’était à lui, c’est curieux la mémoire, je me revois juste quand il m’a lâché et que j’ai réussi à rester en selle! Même pas une gamelle !

Et puis un midi, on commençait à être inquiètes, maman n’était toujours pas rentrée du boulot...on guettait à la fenêtre de la cuisine, quand nous la vîmes arriver à pied à côté de la mobylette, elle avait le genou en sang et la mob en avait pris un sacré coup !

De la cabine téléphonique on appela le bon docteur L...qui lui fît des points de sutures et pas question de bouger avant quelques jours. Mais bon, plus de peur que de mal, heureusement pour nous ! En fait, il y avait des travaux en ville, et elle avait failli tomber dans le trou qu’ils avaient fait et s’était payé les barrières.

Et puis un jour, à force d’aller demander de l’embauche régulièrement dans les usines, il y en eut une qui l'embaucha! Qu’est qu’elle était contente, on allait enfin être riche !

 

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17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Au second étage gauche, c’était une famille de cinq enfants, les parents ne travaillaient pas, ils vivaient des aides et des allocs, les enfants avaient des problèmes de langage, le père et la mère étant alcoolique, je ne vois pas comment il aurait pu en être autrement, seule la fille aînée s’en est bien sortie. Le père se mettait à la fenêtre de la cuisine, juste en dessous de la nôtre, et il disait d’une voix faite pour que tout le monde en profite...

-Boire et fumer c’est la santé... ! si si...je vous passerai sur l’odeur affreuse qui s’évacuait par la fenêtre et qui remontait directement chez nous, puisque nous étions juste au-dessus...c’était folklo, au Clos des Châtaigniers !

Juste en face d’eux, il y avait une grande famille aussi. Seul le père travaillait,  la mère restait à la maison, pour la marmaille, bon, là aussi la propreté laissait à désirer, mais ce n’était pas trop catastrophique. Par contre, la mère, nous les gamines, on l’aimait bien. Elle passait ses journées à lire des « romans photos » et ensuite elle nous les prêtait...c’est un peu avec ça que je me suis « instructionnée »...hi hi !

A force d’espacer ses voyages du WE, un jour, mon père fini par ne plus venir du tout...plus de nouvelle, rien ! Aucune trace chez aucun de ses patrons. Pour dire que, quand la poisse entre dans un endroit, elle met beaucoup de temps à en repartir !

Maman tomba, gravement malade, je devais avoir sept ou huit ans, je ne sais plus, quand elle fût emmenée à l’hôpital pour subir une grave intervention, nous nous retrouvâmes sans argent, au bon soin de ma grande sœur et d’une « aide familiale » sans doute que c'est le docteur nous l’avait faite envoyer, je ne sais plus, j’ai juste l’image de maman couchée dans le lit, avec 40° de fièvre, et le bon docteur L...qui essayait de la convaincre de se faire hospitaliser...Et puis, heureusement il y avait tante Céline, heureusement !

C’est sans doute elle qui nous a dépanné financièrement, ça aussi, j’étais un peu jeune pour m’en souvenir, la seule chose que je me souviens, c’est le retour de maman, à la maison, qu’est- ce qu’on était contente ! Il faisait un grand beau soleil d’été, et les fenêtres de l’appartement étaient grandes ouvertes.

Sur la table de la cuisine, maman avait posé  trois billets de 10 fr qui devait nous faire patienter en attendant les allocs...un grand courant d’air et oups ! les billets envolés par la fenêtre...même le voisin de dessus est monté sur le toit...plus jamais revu...les sous...des fois tu te demandes pourquoi le mauvais sort s’acharne !

Aucune nouvelle de Mr mon père, maman qui était quand même restée hospitalisée un mois, n’avait pas de travail, et surtout pas la santé pour en chercher, dans l’immédiat. Aucune nouvelle du père, ça veut dire, plus de petit papier rose, donc plus d’allocations familiales,  donc plus aucun revenu !

Plus rien à manger, les épiciers n’étaient plus très chaud pour le crédit, à part la boulangère et la marchande de lait ! On peut vivre un bon moment comme ça, même si quelques fois le pain était dur, c’était mieux que rien. Elle était gentille la boulangère, le dimanche, elle nous donnait des gâteaux, vous vous rendez compte ? On était six quand même, c’était souvent des religieuses ou des éclairs, sans doute pour ça que c’est mon gâteau préféré !

Pendant ce temps, maman se débattait avec la caisse d’allocation, pour pouvoir les percevoir de nouveau, pour cela, elle avait dû faire une demande de divorce, avec l’aide judiciaire, elle a même fait rechercher mon père, dans l’intérêt des familles, (je ne sais si ça existe encore) Mais introuvable, le mec ! Nous, on le détestait, de nous avoir abandonné, car c’était bien de cela dont il s’agissait.

Demande de divorce pour abandon de famille. Maman s’était donc retrouvée avec beaucoup de dettes, heureusement elle avait des bonnes copines qui ne l’avaient pas abandonnées, elle avait un cahier vert, où elle avait écrit tout ce qu’elle devait. La liste était longue, et plus le temps passait, plus elle s’allongeait...elle fût bien obligée de trouver un travail.

Un mois après sa lourde intervention, elle était femme de chambre dans un hôtel, c’est tout ce qu’elle avait trouvé. Maman avait quitté l’école à onze ans, sa chère mère s’en était débarrassée en la plaçant comme boniche dans une ferme...quelle garce cette bonne femme ! Je ne l’ai jamais aimé. D’ailleurs pendant notre grosse crise financière on ne l’a jamais vu, maman a juste emprunté un peu d’argent à ses deux  frères...mais ils avaient tous les deux les poches très serrées.

Avec son travail, maman avait paré au plus pressé, nous nourrir. Des fois elle descendait à la cabine téléphonique qu’il y avait en bas de l’immeuble, elle nous disait, je vais aller te les remuer ces fainéants de la caisse d’alloc, et tout le quartier participait au savon qu’elle leur passait, maman avait la voix qui portait, surtout lorsqu’elle était en colère, c’est qu’elle les traitait vraiment de fainéants et de bons à rien...oui oui, elle était comme ça maman, une battante...bien sûr, elle aurait pu nous abandonner aussi et nous mettre dans un orphelinat, il y en avait un dans ma ville...je les voyais quelques fois, ils avaient des grandes capelines bleues marine et un béret...

Plus tard, quand j’entendais la chanson de Jean-Jacques Debout » en casquette à galons dorés » je pensais toujours à eux...Mais non, elle ne l’a pas fait, elle nous a élevé toute seule.

 

 

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17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Un jour, peu de temps après Noël, j’allais avec mon frère chez notre tante Céline, on y allait souvent le jeudi, et, c’est sur le chemin qu’il de raconta, que le père Noël n’existait pas, je venais d’avoir quatre ans, puisque je suis née le 17 décembre...Comment j’ai pleuré, tout le long du chemin, tante Céline eu bien du mal à me consoler, mais vu qu’elle nous donnait toujours une petite pièce , pour qu’on s’achète des bonbons...ça doit être ça qui m’a calmé, mais ce fût mon premier grand chagrin...

Les adultes ne se rendent pas compte de la peine qu’ils font aux enfants, les miens n’y ont jamais vraiment cru, faut dire aussi que je ramenais les cadeaux du magasin où je travaillais, il n’aurait pas été facile de les cacher...c’est très bien ainsi, un traumatisme de moins.

Au clos des châtaigniers, ça se passait super bien, je m’étais fait des copines, plein de copines...faut dire que dans l’escalier (dix appartements) pour familles nombreuses, je n’avais que l’embarras du choix....si je compte un peu, il devait y avoir en gros...une quarantaine de gosses, et je ne compte pas ceux qui sont nés après l’installation des familles.

Je ne vous dis pas le bruit qu’il y avait là-dedans...surtout les jours sans école.

Quand il faisait beau, on allait jouer dehors, mais quand il pleuvait, on restait dans l’escalier...à jouer à la dinette sur les paliers...non, on ne vendait pas de « chite » dans ce temps-là...on jouait à la poupée, c’était quand même plus sympa. Ha, c’est sûr la fin du mois commençait tôt...mais vu que tout l’escalier était logé à la même enseigne..!

Il n’y avait pas un jour, où nous n’allions pas frapper chez un voisin pour emprunter quelque chose, sucre, café, et autre nourriture...

Au RDC, sur les deux locataires, il y avait un couple de retraités, genre vieux du "Muppets Show", qu’on arrêtait pas d’ennuyer car on jouait sous leurs fenêtres...en face, l’autre famille, des gens très gentils. Il y avait au moins sept enfants, une famille très catholique pratiquante, mais, qui faisait des réserves de nourriture, pour pas manquer, surtout quand tu as beaucoup de bouches à nourrir, un vieux réflexe d’après-guerre sans doute.

C’était super pratique, ils nous revendaient, soit du sucre, de l’huile etc...Sans faire aucun bénéfice.

Toute cette entraide, n’existe plus, une fois que j’eu quitté  le Clos des châtaigniers  je n’ai retrouvé ça qu’une fois, et, sur mon lieu de travail.

Il y avait au premier étage, une famille de riche...hi hi...je dis riche, car il n’y avait au début que deux enfants, les parents travaillaient tous les deux, c’est eux qui ont eu la première télé de l’escalier. On allait très rarement chez eux, les enfants n’étaient pas dans nos âges.

Juste en face, une autre famille, d’au moins cinq enfants...toutes de jolies petites têtes blondes aux yeux bleus. Mais alors, là, niveau hygiène, c’était pas terrible, d’ailleurs même les yeux fermés on savait à quel étage nous étions...ceci dit, des gens très gentils et serviable à souhait. Bien sûr il n'y avait ni gardien ni femme de ménage, chaque famille faisait l'escalier à tour de rôle,et au premier, elle le faisait avec son eau de vaisselle, les trois quarts du temps, si bien qu'il était souvent plus sale et plus gras quand c'était leur tour...la javel...connaissait pas la dame..!

Au second étage, Doux Jésus...là, c’était bien au-dessus de toute imagination...

à suivre...

 

 

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17 décembre...19...ou la petite fille de l'hiver...

Publié le par Tarrah

Mon père avait encore sa mère, qui vivait avec eux, maman ne l’aimait pas et elle le lui rendait bien...sans compter que le monsieur avait eu une fille d’un premier mariage qui vivait aussi dans le deux pièces.

Maman âgée de vingt-deux ans avait donc, une belle fille et une belle mère à domicile, plus un vieux mari...pour ma part je trouve que c’était cher payé juste pour laver l’honneur de la famille, mais on ne rigolait pas dans ce temps-là !

Ce n’était donc pas que du bonheur, il y avait souvent de l’eau dans le gaz avec la grand-mère et la belle fille. Deux ans après la naissance de ma grande sœur, un petit garçon vînt essayer de souder l’union un peu chaotique. C’était bien trop pour maman, elle mit mon père en demeure, et il plaça sa fille chez les sœurs, ouf, une de moins...restait encore la grand-mère...

Maman me raconta qu’un soir, ils mangeaient la soupe, la chère grand-mère fît une réflexion désobligeante à maman, comme quoi la soupe n’était pas à son goût...

-Comment ça !

-Elle n’est pas bonne ma soupe ?

La grand-mère n’eût pas le temps de répondre car maman lui envoya son assiette dans la tronche! J’aurais bien aimé être là pour voir ça. Maman ne se laissait pas faire, elle avait du caractère, je pense que je tiens un peu d’elle...peut être même beaucoup...je n’aime pas qu’on me chatouille...

Du coup, vu qu’elle était à la retraite, la grand-mère migra vers la maison de retraite de l’hôpital. Si bien que pour nous, elle devînt, la grand-mère de l’hôpital, pour ne pas se tromper avec l’autre, la mère de maman, celle qu’on ne voyait jamais.

Quand nous allâmes vivre au « Clos des châtaigniers » nous étions à côté de l’hôpital, alors les jeudis, mes deux petites sœurs et moi, on allait la voir. Je n’aimais pas trop y aller, à cause de l’odeur, quand on entrait dans la pièce où elle vivait. C’était des grands dortoirs, avec plein de petites vieilles. La grand-mère, faisait des petits personnages et des animaux en feutrine ou en laine, j’aimais bien la regarder faire, des fois elle nous en donnait, elle n’était pas très causante, alors on ne restait pas longtemps, mais on avait fait notre devoir.

La grand-mère de l’hôpital avec une sœur, rien à voir avec elle, c’était la tante de mon père, elle devait être plus jeune car elle travaillait encore, à l’usine de tissage. Elle ne s’était jamais mariée, maman disait que c’était parce qu’elle était tombée amoureuse du curé...possible, elle était très pieuse, et quand j’allais chez elle, je l’accompagnais à la messe de son village...ha, ma tante Céline, qu’est-ce que je l’aimais, c’était un amour.

Nous avons eu très peu de cadeau de Noël chez mes parents, mais toujours un beau cadeau chez tante Céline, qui nous faisait un beau sapin, alors, dès, qu’on avait fini de déjeuner le jour de Noël, l’après-midi on partait tous chez la tante pour regarder ce que le père Noël nous avait apporté. En principe mon père était là, et nous partions à pied, il me prenait sur ses épaules, le village était un peu plus loin que la sortie de la ville, au moins trois kilomètres, et autant pour le retour, c’était des vrais moments de bonheur pour moi, mais bien trop rares.

 

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